Description
de la problématique
La
problématique touche un élève en particulier. Cet élève, qui sera surnommé
David, est un enfant chinois qui a immigré au Québec avec sa mère il y a deux
ans. Cet enfant ne parlait que le mandarin lorsqu’il est arrivé à l’école. À
son arrivée, il n’a pas fréquenté de classe d’accueil puisque ce ne sont pas
des mesures offertes par la Commission scolaire. Toutefois, David a bénéficié
de mesures d’aide à la francisation. Les circonstances de l’immigration de
David et sa mère ne sont pas très précises. Il est important de mentionner que
David fréquente une école et habite dans un milieu qui n’est pas du tout
pluriethnique. Il est donc le seul enfant de toute l’école à venir d’un autre
milieu. Il a dû s’adapter à une autre culture et une autre langue très
rapidement.
Mes interventions
David est
présentement en quatrième année du primaire en classe régulière. J’ai été
intervenante auprès de David car j’ai fait de la francisation avec lui pendant
trois mois. Nous nous rencontrons encore de temps à autre car j’enseigne dans
l’école qu’il fréquente. J’ai observé que l’adaptation de David est très difficile.
David fréquente le service de garde de l’école. Il a peu d’amis dans la classe
et dans l’école, il ne socialise pas avec ses pairs et il parle très peu. Il
est évident que la langue est une barrière pour lui. Son vocabulaire est très
limité. David s’exprime peu et est souvent très vague. Il faut souvent
compléter ce qu’il dit ou poser des questions pour comprendre. Son enseignante me mentionne qu’il ne peut
pas comprendre tous les concepts et les explications en classe. David reçoit beaucoup de soutien de son
enseignante et de l’orthopédagogie à raison de deux heures par semaine. David
est très peu motivé, il ne sourit pas beaucoup et manque d’enthousiasme. C’est
un enfant très neutre. Lorsque je l’ai rencontré, il m’a confié qu’il n’aimait
pas l’école et il n’était pas heureux de me rencontrer. David parle beaucoup de son pays d’origine. Il
s’ennuie beaucoup de la Chine et il ne semble pas aimer le Québec. Il a un
lourd deuil à vivre et les changements qu’il a vécus sont difficiles à
accepter.
L’enseignante
de David m’a mentionné qu’il souffre peut-être d’un trouble déficitaire de
l’attention qui n’est pas diagnostiqué pour l’instant. Il semble que David
avait des difficultés scolaires en Chine mais nous avons très peu
d’informations puisque la mère de cet élève ne parle pas encore le français.
David a de grandes difficultés en français, il arrive difficilement à lire un
texte de niveau quatrième année. Il a de grandes difficultés à comprendre les
questions et les informations lues. De plus, il n’arrive pas à raisonner ou à
faire de l’inférence. Il réussit en mathématique mais beaucoup de concepts sont
nouveaux pour lui (lignes courbes, figures géométriques, solides, etc.). Pour
ce qui est des situations problèmes, David a beaucoup de difficultés car il
arrive à faire des calculs mais il n’arrive pas à expliquer correctement son raisonnement. David ne
demande pas toujours l’aide de son enseignante lorsqu’il ne comprend pas.
David a des
difficultés scolaires depuis son arrivée au Québec il y a deux ans. Il reprendra
sa quatrième année l’an prochain puisque les difficultés sont trop grandes. La
mère de David ne peut pas vraiment être impliquée plus que présentement dans le
dossier de David puisqu’elle a déjà elle-même de grandes difficultés et elle ne
parle pas encore le français. Elle est toutefois au courant des problèmes de
David. Pour impliquer davantage la mère de cet élève, il faudrait d’abord
qu’elle ait les connaissances nécessaires pour l’aider.
Lorsque je
travaille en francisation avec David, je tente de le motiver et de créer un
lien d’attachement avec lui. J’ai voulu l’aider à apprendre du vocabulaire et des concepts nouveaux à l’aide de jeux, de
dialogues, de mots-étiquettes et de petits travaux simples. Je rencontre David
pendant des périodes de trente minutes à raison de trois jours par semaine.
David manque de motivation, même s’il comprend que je suis là pour l’aider.
Souvent, il n’est pas constant dans ses efforts et ne participe pas toujours
pleinement aux activités que je réalise avec lui. J’ai remarqué une
amélioration dans le vocabulaire de base de David à l’aide des mots-étiquettes
que l’on répète et utilise à chaque rencontre. De plus, l’orthopédagogue de
l’école m’a mentionné qu’elle avait remarqué une amélioration dans la motivation
de David. Malheureusement, les mesures mises en place ne sont pas suffisantes
pour assurer la réussite de David.